parcours 

Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt" avait dit Bernard Plossu, mon professeur le temps d'une année à la faculté d'arts plastiques d'Aix où j'ai suivi mes études.

Pendant ces années de formation, je ne me levais pas très tôt, mais j'apprivoisais le monde bout à bout, grâce à la récupération de fragments de réalité. Mon travail s'est orienté peu à peu vers "le collage", et en particulier le collage de tissus et de toiles qui jonchaient le sol de mon atelier. Ce fur le coeur de mes recherches en maitrise. La peinture occupait aussi une place importante dans ma pratique, mais essentiellement lorsqu'elle était associée au collage. J'utilisais également la photographie.

Je suis devenue professeur d'Arts Plastiques à Bordeaux, puis le jeu des mutations m'a propulsée dans la région parisienne durant plus de quinze ans.

A Paris, la richesse des sollicitations culturelles m'a d'abord poussée à m'ouvrir vers d'autres formes d'expression : l'image filmée ( journaliste pour la chaîne câblée "Yvelines Première", auteur de reportages culturels, de plusieurs pilote d'émissions...), le son ( journaliste pour "Yvelines radio", puis "radio Néo"et l'écriture (rédactrice pour le magazine "Architectures à vivre", co-auteur de "la maison contemporaine" chez Flammarion, divers articles pour la revue TDC.)

J'étais toujours professeur d'arts plastiques et les projets de mes élèves ajoutés à ceux des artistes que je côtoyais me nourrissaient. Mais je n'avais plus d'atelier et ma pratique devenait de moins en moins régulière. Un jour j'ai décidé d'utiliser le manque d'espace comme élément de mon travail, et plus comme prétexte de "non" travail.

J'ai toujours été intéressée par la notion de mémoire et de temps qui passe. La récupération et l'utilisation d'images et de mots faisaient déjà partie de mes habitudes artistiques. A partir de magazines stockés chez moi, en 2010 j'ai commencé la série "Elle m'inspire" : mes ciseaux, ma colle, le ELLE de la semaine et rien d'autre.

© Eléonore Dadoit Cousin